Méthode d’interprétation

Introduction

Avant d’interpréter un thème, il est important de déterminer la puissance relative des facteurs astrologiques (planètes, signes, maisons) qui le composent.

Si cette préoccupation préliminaire n’est pas nouvelle, les méthodes proposées sont variées et aboutissent généralement à des résultats contradictoires. On pourrait d’ailleurs classer les écoles selon leurs méthodes de classement, lorsqu’elles existent. Les méthodes les plus employées classent les planètes par des cotations « cardinales », l’astrologue donne une ou plusieurs notes aux planètes et aux signes comme un professeur note une copie.

La méthode conditionaliste reprend la Tradition en classant les planètes selon des critères « ordinaux » ou de relation d’ordre : plus petit (symbole <); égal (symbole = ); plus grand (symbole >). Les critères de hiérarchisation illustrent l’application à l’astrologie des paramètres de l’astrométrie et associent ainsi la pratique à la recherche. Tous sont modifiables selon les résultats de la pratique et selon les découvertes astrométriques.

Voici la carte du ciel étudiée (ici en domification Porphyre) :

Thème d’exemple (masculin) d’une personne née le 08-05-1929 à 07h45 à NICE

Critères de hiérarchisation

I – Maisons

  • Angularités : AS > MC > DS > FC
  • Maisons succédantes : XI > II > VIII > V
  • Maisons cadentes : XII > IX > III > VI

II – Orbes et aspects

  • Orbes étroits avant les orbes larges
  • Aspects majeurs : Conjonction/Opposition > Trigone/Carré > Sextile/Demi-Carré
  • Aspects en application > aspects en séparation. (noter que les aspects en application deviennent exacts après la naissance)
  • Lumière croissante > décroissante (croissance : de la conjonction au Soleil à l’opposition; décroissance : de l’opposition à la conjonction pour le cycle Soleil-Planète ou Soleil-Lune)

III – Ordre des planètes

Lune, Soleil, Vénus, Mercure, Jupiter, Mars, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton.

IV – Coordonnées locales

  • Hauteurs
    • Hauteurs nulles : Lever > Coucher
    • Hauteurs extrêmes : maximale > minimale (carrés à AS-DS)
  • Azimuts
    • Les azimuts Est/Ouest sont à l’étude comme critères secondaires à considérer dans les cas d’égalité
  • Secteurs
    • Au-dessus de l’horizon (secteur diurne) > au-dessous de l’horizon (secteur nocturne)
    • Oriental > Occidental (par rapport à l’axe MC-FC)
    • Oriental > Occidental (par rapport au Soleil, la planète orientale se lève avant lui)

V – Vitesses

  • Par rapport à la vitesse angulaire moyenne : Rapide > lent

La rapidité, l’orientalité, la qualité diurne (au-dessus de l’horizon), la croissance en lumière, étaient traditionnellement considérées comme des « dignités »; en langage moderne, des élévations en puissance adaptative. La recherche conditionaliste consiste, à partir des études biographiques et des consultations, à trouver la meilleure hiérarchisation des critères fondamentaux et de leurs combinaisons, de façon à éliminer ou comprendre les contradictions. Provisoirement, peut-être définitivement, il n’est pas tenu compte des maîtrises en raison d’une pluralité de systèmes, également dépourvus de fondement astrométrique cohérent. Cette exclusion ne relève pas du dogme mais de la rigueur : on ne mesure rien avec un mètre élastique.

Hiérarchisation

Pour le thème d’exemple, les critères retenus justifient la hiérarchisation :

  1. Saturne
  2. Neptune
  3. Mercure
  4. Jupiter
  5. Soleil
  6. Lune
  7. Vénus
  8. Uranus
  9. Pluton
  10. Mars.

Cette hiérarchisation paraîtra arbitraire à toutes les écoles qui n’ont pas adopté le principe conditionaliste de recherche, pratique et fondamentale, à partir de facteurs astrométriques connus et incontestables. La hiérarchie ici obtenue est théoriquement modifiable en cas de démonstration de validité d’autres critères, mais il faudra parallèlement démontrer que leur introduction améliore avantageusement l’interprétation.

Pour les cas discutables, il est conseillé d’établir une 2e, voire une 3e hiérarchisation, pour les tester ou les conserver comme variantes possibles d’un thème natal complexe.

Dans le diagramme-médaillon du RET chaque planète a la formule de sa fonction positive (la négative s’en déduit).

Le médaillon RET

Formules planétaires

Lune r.e.t. ou homogénéité et « pouvoir intensif ». Négatif : errance

Soleil r.R. (homéostasie de la Représentation). Non-Existence et non-Transcendance

Vénus e.R. (existence de la Représentation). Non-Transcendance

Mercure t.R. (transcendance de la Représentation). Non-Existence

Jupiter r.E. (représentation de l’Existence). Non-Transcendance

Mars e.E. (homéostasie de l’Existence). Non-Représentation et Non-Transcendance

Saturne t.E. (transcendance de l’Existence). Non-Représentation

Uranus r.T. (représentation de Transcendance). Non-Existence

Neptune e.T. (existence de Transcendance). Non-Représentation

Pluton t.T. (homéostasie de Transcendance). Non-Représentation et Non-Existence

 Pour comprendre ces fonctions, il faut se reporter aux définitions des fonctions RET données dans les ouvrages conditionalistes et à leurs correspondances avec l’Unique (R), le Duel (E), le Multiple (T).

Les trois fonctions Soleil, Mars, Pluton, (verticalité du diagramme) forment la famille du Pouvoir extensif (P), inversion couplée au pouvoir intensif (p) d’un seul corps (la Lune) pour toutes les fonctions RET

Les formules permettent diverses partitions par couples, groupes de trois, quatre ou cinq planètes. De la hiérarchisation des puissances à la naissance on exprime la hiérarchisation des familles (groupes par 3). Soit, pour cet exemple : (dominantes 1 à 4. Non-dominantes 5 à 8).

  1. t (transcendance intensive)
  2. E (Existence extensive)
  3. R (Représentation extensive)
  4. r (représentation intensive)
  5. p (pouvoir intensif)
  6. e (existence intensive)
  7. T (transcendance extensive)
  8. P (Pouvoir extensif)

Ce dernier classement suffit à une interprétation globale du thème.

On peut aussi opérer une « synthèse de synthèse » et constater que les 4 familles dominantes sont réductibles à la formule de Saturne (t.E) et du Soleil (r.R). On observe également les familles extrêmes (N°1 et N°8) à interpréter comme un aspect d’opposition : ici, lucidité, sens critique (significations de la transcendance intensive « t », sont opposables aux significations du Pouvoir extensif (conservatismes des catégories). Les familles centrales (N°4, N°5) s’interprètent comme un aspect de conjonction. Appliquée aux hiérarchisations planétaires n°2, n°3 des cas discutables, la méthode permet généralement de localiser la famille « ambivalente » ou de dissiper les doutes.

Appels

Chaque fonction appartenant à un groupe (familles RET de 3, 4, 5 fonctions, une autre technique préparatoire consiste à reporter successivement dans le diagramme RET, les 2 premières planètes de la hiérarchie, puis la 3e, la 4e, la 5e et rechercher quelles planètes (qualifiées de fonctions d’appel) complètent le groupe amorcé par les figures successives ou donnent une image d’équilibre par les symétries.

Exemple

1er Appel (par les deux premières planètes dominantes)

Planètes non-R

Dominantes 1 & 2 et leurs appels

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saturne et Neptune dominants, reportés à leur place en bleuté dans le diagramme RET universel, font ressortir leur appartenance commune au groupe non-R (Mars, Pluton, Saturne, Neptune). Leurs fonctions « appellent » les absents : Mars et Pluton. Appel dissonant, non recommandé au consultant, puisque ces astres sont en queue de hiérarchie, mais appel à considérer pour une interprétation en profondeur des comportements (la qualité d’un appel se juge d’après les positions des planètes appelées, leur situation en Signes, leurs aspects, positions en Maisons pour les conditionalistes qui en tiennent compte).

Le couple Saturne-Neptune appartenant au groupe des planètes « non-R » (diagramme de gauche) appelle (ou induit) les absents du même groupe, Pluton et Mars sont impliqués, par induction, par les deux premières dominantes (diagramme de droite, en bleuté les dominantes).

2e Appel : (par les trois premières dominantes)

Dominantes 1, 2 & 3

Dominantes 1, 2, 3 et leur appel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les trois premières planètes de la hiérarchisation natale, en bleuté dans le diagramme de gauche, forment une figure quelconque, sans équilibre. Uranus, planète couplée à Mercure dans le RET, est appelée pour corriger la dissymétrie (figure de droite). L’interprète du thème est fondé de recommander à son consultant de développer sa fonction Mercurienne. Celle-ci, induit un appel à Uranus, plus intéressant pour l’adaptation que les appels au non-R de Saturne-Neptune. Sous l’angle des appels, la 3e dominante relève le scénario de développement vers un  » plus  » en adaptation.

3e Appel : (par les quatre premières dominantes)

Dominantes 1, 2, 3 & 4

Dominantes 1, 2, 3, 4 et leur appel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quatre premières planètes de la hiérarchisation natale sont reportées dans le diagramme RET (figure de gauche). Le report du Soleil donne (à droite) une figure symétrique. En d’autres termes, la configuration géométrique formée, dans le diagramme de base, par les quatre premières dominantes « induit » ou appelle le Soleil, en cinquième position dans la hiérarchie.

Observations

Lorsque la planète appelée est précisément celle qui suit dans la hiérarchie natale, cas du Soleil dans cet exemple, en principe il est inutile d’aller plus loin, le meilleur appel est trouvé si la fonction appelée fait partie des dominantes harmoniques. Au plan de la recherche, il est toujours intéressant de poursuivre et de noter, dans l’ordre de la hiérarchie, à la fois les appels et les sorties consécutives.

Les appels permettent d’organiser et synthétiser l’interprétation des dominantes. Dans cet exemple, l’interprète note que les deux premières (Saturne, Neptune) appellent un « non-R » ambivalent dans le thème (dissonant par Mars, harmonique par le sextile Soleil-Pluton), tandis que les deux suivantes (Mercure-Jupiter) appellent un petit « r » (Uranus-Soleil) plutôt harmonique dans le thème. Il est évident qu’il peut bâtir un plan d’interprétation « non-typologique » mais édifiant pour les décisions de conduite ou l’analyse des scenarii de conduite de son consultant. Ces méthodes ont été inspirées par les problèmes de la consultation et se justifient par la consultation. C’est elle, elle seule, qui donne sens à leurs résultats.

Fonctions de fonctions

L’ordre du RET en relation, dans le système solaire, avec l’ordre donné par le quotient demi-grand axe/gravité des planètes principales, revient à poser comme hiérarchie de base ou hiérarchie naturelle : Lune, Soleil, Vénus, Mercure, Jupiter, Mars, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton.

On compare la hiérarchie fondamentale à celle du ciel natal pour juger de l’interférence entre l’universel et l’individuel. La planète n°1 de la hiérarchie natale associe sa fonction à la n°1 (fonction solaire) de la hiérarchie naturelle, ainsi de suite. Dans notre exemple, Saturne (n°1) est en fonction solaire, Neptune en fonction Vénus, Mercure, 3e en hiérarchie universelle comme en individuelle, conserve sa fonction. La coïncidence des deux hiérarchies est comparable à la situation d’une planète en domicile de l’astrologie traditionnelle, sauf qu’en conditionalisme, les « dignités » ne promettent ni succès, chance et faveurs. C’est un indice de facilité ou de liberté dans le registre de la fonction concernée, l’universel s’exprimant sans fonction intermédiaire dans l’individuel.

La Lune ne reçoit pas de fonction, mais elle peut être reçue dans le module d’une planète et de sa fonction dans le diagramme RET. Les raisons de cette exception sont d’abord astrométriques : le couple Terre-Lune fait partie du système solaire; il tourne, comme les autres planètes autour du Soleil. A part la Lune, aucun astre, en revanche, ne gravite autour de la Terre. Les raisons logiques de ce traitement de la fonction Lunaire sont exposées dans les ouvrages conditionalistes, notamment dans Astrologie et Spiritualité (Ed. COMAC – 1993). La globalité lunaire est comparable à la résultante, blanche ou noire de toutes les couleurs. Dans cette analogie les fonctions planétaires, n’ont que deux couleurs et des absentes. On peut privilégier deux ou plusieurs couleurs d’une globalité mais on ne peut pas demander à deux couleurs d’avoir la fonction du spectre complet.

La dernière planète de la hiérarchie natale, désignée par « planète aveugle-aveuglante », devient, par décalage des rangs, le premier élément-module d’un RET plus grand que les précédents… ce qui se traduit par une ouverture non consciente, incontrôlable, sur l’Inconnu. Les planètes en fin de hiérarchie représentent les fonctions associées aux conversions et changements radicaux. La toute dernière devrait avoir pour fonction de fonction celle du passeur Charon (et planète couplée à Pluton). Elle conduit au-delà de… vers on ne sait quoi.

Selon la philosophie conditionaliste, les hiérarchies universelle et individuelle interférant, le parcours personnel (équivalent du destin en Tradition) est virtuellement révélateur de l’ordre impersonnel, avec ou sans prise de conscience ; le Sujet, selon la même philosophie, n’étant pas le meilleur critère de l’Intégration, bien qu’il soit une « intégration partielle » (d’où le malentendu contemporain entre sensibilité subjective = vérité objective). La saisie de l’ordre universel par le biais des « maîtrises » ne peut pas être complète : la globalité (voir paragraphes précédents) échappe à l’individuel. Si, dans les meilleurs cas, la fonction « aveugle » débouche sur une dimension insolite, extra-individuelle, sa révélation ne fait qu’amorcer un processus dont l’individu ne verra pas la fin de son vivant (le diagramme natal RET illustre « l’accrochage » de la fonction aveugle à une dimension supérieure… un RET surmultiplié). Cette raison d’être de l’inconnaissable diffère radicalement de la conception Jungienne d’un processus d’individuation qui aboutirait à la métamorphose du Moi-Je en un Soi-Dieu réunissant la Sainte Trinité de l’unique, du duel, du multiple.

Le Soi est humainement inaccessible mais sa recherche indispensable à la réalisation d’un parcours maximal.

Pour la nature humaine, l’équilibre est dans la dynamique et non dans la statique. Les connotations métaphysiques et métapsychologiques du conditionalisme ne peuvent être sont développés dans son enseignement supérieur que par les conditionalistes qui ont parfaitement assimilé les concepts fondamentaux pour en comprendre toutes les implications dans d’autres plans qu’astrologiques.

Dans la pratique actuelle, on retient, de la comparaison des hiérarchies, les interférences entre groupes (à 3 ou 4 éléments). L’interprète dégage en consultation quelle(s) fonction(s) arrêtent le développement du thème. Une seule fonction de fonction en interférence inadaptée (analogie plus forte que « l’exil » traditionnel) désigne le problème essentiel du consultant et rend la suite de l’interprétation inutile si ce problème n’est pas élucidé. Le bagage terrestre (éducation, hérédité, contexte socioculturel) étant différent en atouts et handicaps, le même ciel n’entraîne pas les mêmes impasses. Pour en juger, il faut connaître la demande du ciel autant que les moyens d’y répondre.

Le médaillon RET

Hiérarchie natale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le groupe « pouvoir extensif » (Soleil, Mars, Pluton) se retrouve, avec Saturne en fonction Soleil, dans la verticale centrale du digramme, ce qui permet d’interpréter Saturne en ré-aménageur ou perturbateur des pouvoirs. Jupiter, Mercure, Pluton, en hiérarchie natale reproduisent leurs rangs en hiérarchie RET.

Signes

A partir des formules réflexologiques (mobilité, équilibre, force en excitation – inhibition de chaque signe) et de la hiérarchisation planétaire, on dégage les dominantes et les carences zodiacales, et on établit un ou plusieurs scenarii possibles.

Pour cet exemple

  • Pôle adapté :

Quarte d’Énergie (Bélier, Taureau, Gémeaux) dominante

Force d’Excitation et Vitesse (labilité) d’excitation

Induction négative (concentration) par le Taureau (deux dominantes Soleil, Jupiter) et sens des combinaisons (Soleil, Jupiter en Taureau, Neptune en Lion)

Sens des ensembles (Gémeaux occupé par Mercure, Sagittaire par Saturne)

Sens des contraires en appel (Uranus en Bélier).

  • Pôle inadapté :

Lenteur, inertie d’inhibition (Lune dissonante à Mars et non-dominante en Taureau)

Sensibilité paradoxale ( – idem – )

Manque d’inhibition re-créatrice ( – idem – )

Manque d’inhibition extinctive (Vénus en Bélier dissonante)

Vitesse d’inhibition inadaptée (Mars-Pluton en Cancer)

Manque d’excitation associative ( – idem – )

  • Scenarii :

Le scénario le plus fréquent est celui du passage du pôle adapté à l’inadapté lorsque la fonction planétaire est à la fois harmonique et dissonante ou lorsque le signe contient à la fois des fonctions « adaptées/inadaptées ». Qu’il y ait ou non dissonance, et quelle que soit la hiérarchie, la nature humaine ne se prête pas à un héroïsme permanent. En cas de crise (en termes réflexologiques : surtension d’un processus, conflit des contraires, frustration) le pôle inadapté des signes et planètes se manifeste.

Ici, les ruptures d’équilibre risquent de se traduire surtout par la faiblesse d’inhibition (irretenue), la phase paradoxale, les carences en inhibition extinctive et excitation associative.

Tous ces termes sont traduisibles en langage courant. Celui-ci n’est pas directement utilisé parce que seules les formules abstraites permettent des opérations de synthèse.

Si les transits indiquent les périodes délicates, l’interprète peut en préciser l’importance et la signification fondamentale en tenant compte de la hiérarchisation. On sait déjà que les transits des planètes lentes en fin de hiérarchie sur les lentes ou rapides des dominantes sont liés aux transformations irréversibles. A partir de la comparaison des hiérarchies, il est également possible de classer les transits en plus ou moins favorables à l’adaptation (active/passive).

Dans cet exemple : les transits sur Jupiter, Soleil, Mercure, et Pluton s’ils sont harmoniques peuvent être considérés prioritairement « adaptatifs ». Les plus difficiles doivent concerner les dissonances des lentes sur la Lune en fonction Saturnienne.

Maisons

La pluralité des systèmes de division de la sphère locale en douze secteurs ou « Maisons » couvrant l’ensemble des préoccupations humaines et terrestres, n’autorise aucun choix péremptoire. En attendant une démonstration décisive, les praticiens conditionalistes n’ont pas de compte à rendre sur leur utilisation ou leur rejet des Maisons traditionnelles. Le COMAC encourage leurs recherches sur un système démontrable. Il faut toutefois remarquer que les référentiels du SORI (Sujet, Objet, Relation, Intégration) proviennent de l’application du RET aux significations des Maisons prises dans leur ordre traditionnel. Quel que soit le système de division (domification) adopté, à créer ou justifier, cet ordre, en raison du SORI qui en a découlé, mérite d’être le premier à considérer, même s’il paraît « irrationnel » et peu digne d’un conditionalisme orthodoxe. Avant le RET et le zodiaque photopériodique les significations des planètes et des signes paraissaient, elles aussi, irrationnelles.

Comme pour les signes les formulations abstraites des maisons facilitent les synthèses. Selon l’enseignement conditionalisme ces formules ne sont pas « plaquées » sur les douze Maisons pour leur imposer des significations inédites, elles expriment en langage logique les attributions observées ou analogiques du langage imagé.

  • Maisons  » Représentation  » : Cardinales (les plus fortes en Tradition)

I – X – VII – IV

  • Maisons  » Existence  » : Succédantes (de force moyenne en Tradition)

II – XI – VIII – V

  • Maisons  » Transcendance  » : Cadentes (faibles en Tradition)

III – XII – IX – VI

La hiérarchie du RET (R : haut niveau d’excitabilité. E : niveau moyen. T : faible excitabilité) est conforme à la hiérarchisation traditionnelle en  » fort, moyen, faible  » pour les Cardinales, Succédantes, Cadentes.

Dans cette répartition, pour chaque niveau la progression, en suivant l’ordre numérique croissant, est ternaire ( R : 1, 4, 7, 10 – E : 2, 5, 8, 11 – T : 3, 6, 9, 12).

Dans la répartition des référentiels la progression est quaternaire : ( Sujet : 1, 5, 9 – Objet : 2, 6, 10 – Relation : 3, 7, 11 – Intégration : 4, 8, 12). Soit, dans l’ordre RET pour chaque référentiel :

Maisons  » Sujet  » : I – V – IX

Maisons  » Objet  » : X – II – VI

Maisons  » Relation  » VII – XI – III

Maisons  » Intégration  » IV – VIII – XII

De la combinaison RET (ternaire) et SORI (quaternaire), résultent les formules :

Maison I : Représentation – Sujet

Maison II : Existence – Objet

Maison III : Transcendance – Relation

Maison IV : Représentation – Transcendance

Maison V : Existence – Sujet

Maison VI : Transcendance – Objet

Maison VII : Représentation – Relation

Maison VIII : Existence – Intégration

Maison IX : Transcendance – Sujet

Maison X : Représentation – Objet

Maison XI : Existence – Relation

Maison XII : Transcendance – Intégration

Les interférences RET/SORI au-delà des significations traditionnelles des Maisons, en suggèrent un autre sens ou en dévoilent le sens primordial. Ainsi, l’Existence – Objet de la Maison II, ne se limite pas aux  » gains acquis, possessions et biens matériels « . Sa signification s’étend à ce que l’on peut faire ou ne pas faire des propriétés spécifiques (existentielles) d’un objet. C’est l’esprit du proverbe « L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue », étendu aux potentiels exploitables de toutes les valeurs concrètes, moins conventionnelles que l’argent, monnaie d’échanges. La Représentation – Objet de la Maison X, rétablit la symbolique de l’emblème, enseigne ou insigne, objet représentatif d’une profession, d’une autorité, d’un titre réservé.

Le conditionalisme invite ici à repenser toutes les significations des maisons. Sa recherche porte également sur les interférences entre leurs formules en RET/SORI et celles des planètes en RET.

Dans la pratique, pour ne pas anticiper sur des résultats incertains en dehors des cas très caractéristiques, tel qu’un groupe de planètes au complet dans le même référentiel, on s’en tient aux référentiels absents ou valorisés. Soit, pour cet exemple, en domification Porphyre :

Quatre planètes (dominantes et non-dominantes) en secteurs Relation (VII et XI)

Quatre dominantes (Neptune, Mercure, Jupiter… et Soleil parce que conjoint à Jupiter) en secteurs Intégration (IV, XII)

Fin de hiérarchie (Mars, Pluton) en Objet

Absence de planètes en secteurs Sujet

Le Héros et son Ombre

Les données précédentes se synthétisent dans le modèle du  » Héros et son Ombre « , conforme à la dialectique quaternaire orientale qui dans sa représentation du Total et de l’Unique, ne sépare pas l’ombre de la lumière. A l’image du « Taï-Ghi-Tu », cercle du Yi-King où le noir est dans le blanc, le blanc dans le noir, dans une interprétation organisée, il faut juger des faiblesses du Héros (carences et excès des facteurs d’adaptation) et des forces de l’Ombre (dangers et atouts des facteurs d’inadaptation).

En principe, les facteurs constants d’adaptation (active/passive) sont recherchés dans les cinq premières dominantes, leurs aspects, leurs combinaisons avec les fonctions zodiacales et les référentiels valorisés.

Les faiblesses se déduisent d’un scénario d’excès ou d’insuffisance en corrélation avec les dissonances entre les dominantes ou sur les dominantes.

Les facteurs d’adaptation, sollicités occasionnellement, selon l’événement et les périodes transitoires, sont recherchés dans les fonctions planétaires et zodiacales non-dominantes mais en affinité avec les dominantes, telles les fonctions d’appel, ou liés aux constances dominantes par des configurations harmoniques. Dans ce groupe, on désigne par remontée de l’Ombre la ou les configurations, natales ou transitoires non-dominantes, qui compensent les faiblesses du Héros ou renforcent ses fonctions adaptatives par un aspect harmonique.

Inversement, on peut désigner par descente de Lumière la ou les configurations natales ou transitoires non-dominantes, qui aggravent les faiblesses du Héros ou lui en créent de nouvelles. Les facteurs constants d’inadaptation, les plus difficiles à transformer sont désignés par le fond ou impasse de l’Ombre, et sont recherchés dans les configurations les plus dissonantes des non-dominantes.

Enfin, les configurations harmoniques non-dominantes sont classées dans le groupe des forces de-dans l’Ombre. Elles constituent les réserves des remontées vers le Héros qu’activent les transits.

Pour établir un schéma simple et clair des relations entre dominantes (harmoniques / dissonantes) et non-dominantes (harmoniques/dissonantes), il est recommandé de concentrer les données de chaque partition (les facteurs secondaires seront repris dans l’analyse détaillée). Si ces opérations de synthèse devenues possibles grâce aux formules abstraites du conditionalisme ne peuvent, en aucun cas, être présentées comme un dogme, il n’est pas davantage question de reprendre tout à zéro à la moindre contestation. Les critiques sont recevables, les lubies sont évacuées.

Le modèle du  » Héros et son Ombre «  bien qu’ayant déjà fait ses preuves, entre également dans le programme de recherches ouvertes sur une amélioration permanente des concepts, méthodes, définitions. Celles de l’adaptation/inadaptation, active ou passive, riche ou pauvre, sont données dans la plupart des ouvrages conditionalistes. Ils se substituent aux termes de bénéfique – maléfique et permettent un classement nuancé des aspects planétaires. Un trigone, qualifié bénéfique, peut être selon la nature des planètes et le contexte concernés, une indication d’adaptation passive qui, bénéfique ou non, chagrine rarement. Cet aspect peut être aussi un indice d’adaptation active (agissante) riche ou pauvre, d’un point de vue, cette fois, extra-subjectif du très long terme et de valeurs spirituelles non inscrites dans le ciel (les astrologues intuitifs les appréhendent par la comparaison des bagages célestes et terrestres).

L’inadaptation ne se résout pas invariablement par le crime et la perversion (friandises des collectionneurs de thèmes morbides qui se disent statisticiens), elle est autant le propre des créateurs rarement adaptés au court terme. Bernard Shaw nous le rappelle :

« L’homme raisonnable s’adapte au monde. L’homme déraisonnable tente sans relâche d’adapter le monde à lui-même. Par conséquent, le progrès dépend des hommes déraisonnables. » (Georges Bernard Shaw).

Application du modèle « Héros et son Ombre » au thème d’exemple

+ Héros +

Fonctions dominantes adaptatives
Transcendance intensive
Existence extensive
Représentation intensive soutenue
Énergie.
Sens des combinaisons
Excitabilité naturelle concentrée
Induction
Rapidement mobilisable
Référentiels : Relation/Intégration
Faiblesses par excès/carences
Non-R (avec appel non-R)
AmbivalenteParadoxal
Rupture en irretenue
Objet ambivalent

– Ombre –

Fonctions non-dominantes inadaptées
Existence intensive(Mars, eE,  » aveugle « )
Transcendance extensive
Pouvoir extensif (bloqué)
Manque d’excitation re-créatrice
Manque d’inhibition extinctive
Référentiel Sujet absent.
Forces non-dominantes
Appel à rT (Uranus)Pluton en place

 

Les idéogrammes des Planètes/Signes, les abréviations des fonctions et familles se prêtent à une schématisation graphique simplifiée. On représente par des flèches (horizontales, verticales, diagonales), les relations entre les quatre partitions.

Ici, les remontées diagonales relient Pluton tT (harmonique au Soleil) et Uranus rT (harmonique à Mercure) en sens des contraires, aux fonctions  » t  » (transcendance intensive) et  » r  » (représentation intensive) des dominantes. Une forte descente diagonale relie l’appel  » non-R  » (faiblesse du Héros) à la fonction eE  » aveugle « .

L’interprète juge si le rapport Héros/faiblesse est en faveur du Héros ou en sa défaveur. Il juge du rapport Ombre/force, compare les deux rapports et justifie du meilleur pour guider le consultant, ou comprendre un parcours de destinée qui ne s’effectue pas nécessairement par les dominantes pour concrétiser ses forces ou ses faiblesses. Il est des parcours qui gagnent à suivre prioritairement les non-dominantes, des faiblesses de Héros largement compensées par les remontées de l’Ombre et des Héros qui s’effondrent à la descente. Tous les cas de figures, scénarios activés-désactivés par les transits sont imaginables et observables. Il n’est pas interdit d’enrichir, compléter, affiner, mais il est demandé de justifier sa mise en ordre afin de pouvoir la communiquer et en faire profiter toute la recherche.

Le schéma général est utilisé par parties ou dans son intégralité selon les besoins de la consultation, les objectifs recherchés. On peut se contenter de portraits succincts : Héros et faiblesses, Héros et fond de l’Ombre, Héros et remontées, etc. En pratique, s’il est utile, voire indispensable d’avoir un schéma général, en dehors d’une consultation analytique très poussée, on adapte l’utilisation partielle aux questions et problèmes de la consultation.

Conclusion

A l’opposé des réductions du thème natal aux typologies statiques des deux, trois ou quatre « signatures » planétaires-zodiacales dominantes, et à contre-courant de l’assujettissement de l’Astrologie traditionnelle aux psychanalismes ambiants, la méthode conditionaliste du plan d’élaboration d’un thème, conforme à la Tradition qu’elle actualise, s’accorde à la complexité et la dynamique évolutive de la personne humaine.

Autres exemples d’interprétation

Vous pouvez aussi consulter – sur ce site – d’autres exemples d’interprétation conditionalistes. La démarche y est bien sûr moins détaillée qu’ici car elle ne répond pas au souci pédagogique de cette page, cependant la méthode employée est identique.

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